La productivité d’équipe en PME : se doter d’outils pratiques de gestion de talents pour tirer le meilleur de chaque joueur!
Dans de nombreuses PME en croissance, la productivité d’équipe est devenue un enjeu critique. Et, cet enjeu a un coût réel :
- opportunités manquées,
- surcharge des gestionnaires clés,
- essoufflement des équipes,
- difficulté à soutenir la croissance.
Malgré que les équipes travaillent fort, on vit une impression diffuse de toujours « courir après le temps » ou de « manquer de bras ». Alors, on se demande comment faire pour augmenter la productivité, sans constamment ajouter des ressources?
Et des facteurs qui jouent sur la productivité, il y en plusieurs… Au palmarès du banc des accusés, on retrouve évidemment les pratiques de gestion et la culture d’entreprise, mais bien souvent… dans la recherche de coupables, le premier réflexe est de chercher à identifier les enjeux les plus faciles à résoudre… autrement dit, les enjeux individuels (i.e., problème de « skill », problème de « will »).
Toutefois, dans bien des cas, le problème n’est pas un manque de talent ou de volonté, mais un mauvais positionnement des compétences et des forces.
Comprendre les gens tels qu’ils sont : un principe clé de performance
Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, insiste sur un principe fondamental : « les gens sont câblés différemment ». Demander à chacun d’exceller partout crée plus de friction que de performance.
Pour lui, la productivité durable commence par une compréhension lucide des personnes : de leurs forces, de leurs limites et de leur façon naturelle de contribuer. En m’inspirant de ce principe (qui rejoint d’ailleurs l’approche des forces en psychologie positive 😉 ), j’avais envie de vous partager 2 outils simples et concrets pour utiliser au mieux les qualités distinctives de chacun des joueurs de votre équipe.
Des outils pour rendre les talents visibles
Premier outil : la matrice de compétence
Visuelle et simple d’utilisation, la matrice de compétence est un outil réellement utile lorsqu’il est question de bâtir des équipes performantes.
Elle permet de cartographier :
- les compétences clés de l’équipe
- le niveau de maitrise de chaque membre (débutant, intermédiaire, expert)
- les éventuelles lacunes à combler au niveau organisationnel
Ainsi, elle peut servir concrètement à l’assignation des ressources dans les différents projets, à anticiper les trous dans les connaissances et compétences critiques à la pérennité des affaires (i.e., planification stratégique de main-d’œuvre), sans oublier que cet outil peut également servir au développement individuel (ex. identifier un mentor, à partir des compétences identifiées dans la matrice, ou identifier une formation adaptée pour un ensemble d’individus).
Deuxième outil : Utiliser le concept de « baseball card » de Ray Dalio pour apporter une touche distinctive à la compréhension des compétences.
Ludique, la « baseball card » permet de capturer non seulement les compétences, mais, sous forme de fiche synthèse, elle décrit une personne dans son ensemble :
ses compétences dominantes (bien sûr!), ses forces naturelles (i.e., talents), ses angles morts/limites et ses préférences de fonctionnement. Cet outil ne dit pas seulement ce que quelqu’un sait faire, mais permet d’orchestrer à l’échelle de l’équipe, les meilleurs « trios », en se basant non seulement sur les compétences, mais sur une lecture fine des caractéristiques de chaque personne (i.e., un peu comme une carte de baseball, on pourrait y retrouver par exemple des « stats individuelles » : ex. certification PMI; atteinte de l’objectif de vente depuis les 3 dernières années; score de satisfaction client de 95%; etc.).
*Ci-bas, un exemple, un peu simpliste, mais qui illustre ce qu’on peut imaginer tirer comme information de chacun de ces deux outils.

Designer et organiser le travail autour des forces
Combinée à une matrice de compétences, la baseball card permet :
- de prendre de meilleures décisions quant à la répartition des responsabilités,
- de réduire les attentes irréalistes entre collègues,
- de diminuer les frictions qui nuisent à la fluidité du travail
- et ultimement, de créer davantage de valeur.
Plutôt que de corriger toutes les faiblesses, l’organisation apprend à designer le travail autour des forces, tout en compensant les limites par la complémentarité des rôles.
En conclusion
Les équipes les plus productives ne sont pas celles où tout le monde fait tout, mais celles où chacun joue là où il est le plus fort (i.e., un peu comme au baseball, si on veut gagner la partie, on n’essaie pas de mettre pas le meilleur lanceur dans une position de receveur pour être équitable…). Quand les talents sont visibles, assumés et bien positionnés, le travail devient plus fluide et l’énergie collective mieux utilisée.



